Qu’est-ce que l’effet matilda ?

L’histoire de l’humanité est marquée par l’inégalité des sexes dans toutes les disciplines et tous les sujets. Cela se reflète dans le matériel éducatif utilisé dans les écoles, où la présence de femmes atteint à peine 7,6%.

Le manque de références est l’un des problèmes les plus courants chez les filles. Selon une étude publiée dans la revue Science, à l’âge de six ans, les filles s’excluent des mathématiques et des sciences parce qu’elles se considèrent moins intelligentes et moins capables que leurs camarades masculins.

Cette perte d’intérêt ne se produit pas uniquement chez les filles. Selon les données de l’AMIT, seulement 28% des places dans les carrières scientifiques et technologiques sont occupées par des femmes, alors qu’il s’agit de professions à forte demande de main-d’œuvre.

Le système éducatif doit pouvoir promouvoir l’intérêt des filles pour les STEM et favoriser l’égalité des sexes dans toutes les disciplines de la société. Depuis 2019, la Fondation Aquae développe Aquae STEM, un programme éducatif dont l’objectif est de promouvoir les vocations scientifiques et technologiques auprès des filles de l’école primaire.

Cette initiative éducative est déjà présente dans plus de 50 écoles à travers l’Espagne. Grâce à Aquae STEM, les élèves et les enseignants réalisent des activités pratiques visant à susciter l’intérêt et la motivation à l’égard des sciences et des technologies.

En outre, depuis octobre dernier, différents webinaires sont animés par des femmes leaders dans des domaines professionnels liés aux STEM qui peuvent servir de miroir aux filles de l’école primaire qui participent à ce projet.

Qu’est-ce que l’effet Matilda ?

L’effet Matilda est connu comme la discrimination et les préjugés contre les réalisations des femmes scientifiques dont les contributions sont souvent attribuées aux hommes.

Le concept de l’effet Matilda trouve son origine dans l’effet Matthieu. Le sociologue Robert King Merton a défini ce dernier comme le manque de considération reçu par les recherches de jeunes scientifiques, ou de scientifiques peu connus, par la communauté scientifique.

Ce qu’il n’a reconnu que des années plus tard, c’est que sa définition de l’effet Matilda était basée sur la thèse de doctorat de la chercheuse Harriet Zuckerman au cours des années 1960. Dans son article, Merton ne citait la chercheuse que dans les notes de bas de page.

Ce n’est qu’en 1993 que la scientifique Margaret W. Rossiter a mis en lumière ce fait pour dénoncer cette situation subie par des milliers de femmes scientifiques et qui a servi d’exemple pour définir ce qu’il a appelé l’effet Matilda/Harriet en l’honneur de Matilda Joslyn Gage, la première activiste qui a lutté pour les droits des femmes.

Des femmes scientifiques qui ont changé l’histoire

Depuis la Fondation Aquae, nous ne voulons pas que le grand travail de ces femmes soit oublié. C’est pourquoi nous soulignons quelques contributions qui ont marqué l’histoire :

    • Rosalind Franklin (1920-1958) est une chimiste française qui a découvert la structure de l’ADN. En outre, tout au long de sa carrière, elle est parvenue à devenir le premier expert mondial de la technique de la diffraction des rayons X. Le mérite de ses recherches a été attribué à ses collègues Francis Crick et James Watson qui ont reçu le prix Nobel.
    • Margarita Salas (1938-2019) était une biochimiste espagnole qui a réussi à dynamiser la recherche espagnole dans le domaine de la biologie moléculaire. Tout au long de sa carrière, elle a publié plus de 300 articles scientifiques. En 2007, elle est devenue la première femme espagnole à rejoindre l’Académie nationale des sciences des États-Unis
    • Trotula de Salerne (1110-1160) était un médecin italien est considérée comme l’une des premières femmes à souffrir de l’effet Matilda. En cours de route, elle a écrit des ouvrages très importants qui ont apporté de grandes contributions à la médecine du 12e siècle. En outre, Salerno a souffert jusqu’à ce qu’on lui refuse sa propre existence en raison de la répulsion de la société à l’égard des femmes qui décidaient de se lancer dans la recherche scientifique.
    • Marie Tharp (1920-2006) était une cartographe océanographique américaine qui a créé la première carte scientifique des fonds marins. Pendant de nombreuses années aux États-Unis, les femmes n’étaient pas autorisées à travailler à bord d’un navire de recherche et c’est son mari Bruce Heezen qui a pris des notes que Marie a ensuite utilisées pour dessiner les cartes.
    • Angela Ruiz Robles (1895-1975) était un professeur d’espagnol qui est devenu le précurseur du livre électronique que nous connaissons aujourd’hui. En 1949, elle dépose son premier brevet dans le but de faciliter l’enseignement à ses étudiants. S’agissant d’une invention destinée aux enfants de l’école primaire, Angela a consacré une partie de ses efforts à faire en sorte que ce livre mécanique ne soit pas lourd afin que ses élèves puissent le transporter partout.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour rendre possible l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Pour mettre fin à l’effet Matilda, il faut s’engager au niveau mondial à promouvoir des initiatives favorisant l’éducation à l’égalité.

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