Première guerre macédonienne

Guerre en Illyrie

À la fin de l’été 214 av. J.-C., Philippe tente à nouveau de prendre le contrôle de l’Illyrie par la mer, avec une flotte de 120 lembi. Philippe s’empara d’Oricum qui était faiblement défendu, navigua à travers la rivière Aous (la Vjosë moderne) et assiégea Apollonia.

Pendant ce temps, les Romains avaient mobilisé une flotte de Tarentum à Brindisi pour surveiller les mouvements de Philippe, plus une légion pour servir de soutien, sous les ordres du propretor Marcus Valerius Levinus. Levinus débarque dans les environs d’Orico et le reprend facilement après un petit engagement.

Selon les écrits rapportés par Tite-Live, Levinus, lorsqu’il apprend le siège d’Apollonia, envoie 2000 hommes sous le commandement de Quintus Nevius Crista pour aider la ville. Grâce à l’armée de Philippe, Quintus Nevius Crista et son armée ont pu entrer dans la ville sans être vus. La nuit suivante, Crista a capturé l’armée de Philippe et a encerclé son camp. Philippe s’échappe avec ses navires et retourne en Macédoine en laissant derrière lui une bonne partie de sa flotte et de ses hommes, les hommes sont tués ou faits prisonniers et les navires sont brûlés. Lavinus passa l’hiver à Orico.

Après l’invasion déjouée de l’Illyrie par voie maritime, et désormais bloquée par la flotte de Lavinus qui était ancrée dans l’Adriatique, Philippe passa les deux années suivantes (213 av. J.-C. – 212 av. J.-C.) à faire des raids terrestres en Illyrie. Gardant la côte, Philippe s’empare des villes d’Atintania et de Dimale et soumet les tribus illyriennes des Dassaretes, des Parthes et enfin, des Ardiaei du sud.

Philippe parvient enfin à accéder à l’Adriatique en s’emparant de Lissus, une citadelle réputée imprenable. La prise de cette ville entraîne la reddition sans délai des territoires adjacents de la région. La prise de Lissus ravive les espoirs du monarque de conquérir l’Italie. Cependant, la perte de la flotte dont Philippe dépendait tant fait de cette conquête un rêve presque irréalisable.

Alliance en GrèceEdit

Pour stopper l’invasion apparemment imminente de Philippe en Italie ou en Illyrie, les Romains cherchent des alliés parmi les peuples grecs afin de déstabiliser les frontières de la Macédoine et de forcer le monarque à se défendre sur son propre territoire.

Lavinus explore la possibilité d’un traité d’amitié avec la ligue des Aétoliens (212 av. J.-C.) Les Aétoliens avaient signé une paix avec les Macédoniens à Naupactus en 217 av. J.-C. mais après ces cinq années, ils s’étaient remis des ravages de la guerre contre leurs voisins et étaient prêts à reprendre les armes contre leurs ennemis traditionnels.

En 211 av, une assemblée d’Aetolian se réunit pour entamer des négociations avec Rome. Lavinus a judicieusement mis en avant la récente prise de Capoue et de Syracuse, autrefois sous domination carthaginoise, comme preuve de la capacité militaire de Rome. Un traité d’alliance est alors signé entre Rome et la Ligue étolienne pour combattre conjointement les Macédoniens. Les Aétoliens mèneraient les opérations par voie terrestre tandis que les Romains les mèneraient par voie maritime. Le traité stipulait également des alliances avec d’autres membres de la Ligue : Elis, Sparte, Messénie et Attalus Ier de Pergame et deux clients de Rome, les chefs illyriens Pleuratus Ier et Scerdiledas.

Campagne en GrèceModification

Voir aussi : Première bataille de Lamia
Voir aussi : Deuxième bataille de Lamia

Après l’été, Lavinus conquiert la ville principale de Zacyntho, à l’exception de sa citadelle, la ville d’Oeniadae en Acarnie et l’île de Nasos, où il commande les forces étoliennes. Après cela, il déplaça sa flotte à Corfou pour l’hiver.

Après avoir appris l’alliance entre Rome et la Ligue étolienne, Philippe se hâta de sécuriser sa frontière nord. Il fait quelques raids sur Illyria, Oricum et Apollonia et prend la ville frontière de Sintia en Dardania. Philippe marcha rapidement vers le sud à travers la Pelagonie, Linceste, Botiea et Tempe, retourna vers le nord en attaquant la Thrace et la ville principale d’Iamphorynna. Après quoi, il se retira en Macédoine.

A son retour, Philippe reçut un appel désespéré de ses alliés les Acarniens. Le strategos (général) aetolien Aetolius Scopas avait mobilisé l’armée aetolienne et se préparait à envahir l’Acarnanie. Désespérés et encerclés, mais déterminés à résister, les Acarniens envoient leurs femmes, leurs enfants et leurs vieillards se réfugier en Épire, tandis que les autres marchent vers la frontière pour combattre. Après avoir entendu la nouvelle de la détermination des Acarniens, les Aétoliens ont hésité et après avoir appris l’arrivée de Philippe, ils ont finalement abandonné l’invasion. Après cela, Philip s’est retiré à Pella pour l’hiver.

Au printemps 210 avant Jésus-Christ, Lavinus appareille à nouveau de Corfou avec sa flotte et, avec les Aétoliens, conquiert la ville d’Antikythra sur le Phocis. Rome réduit la population en esclavage et la Ligue étolienne s’empare du territoire conquis.

Bien que les peuples helléniques aient des réticences à l’égard de Rome et de ses méthodes, la coalition contre Philippe continue de s’élargir. Pergame, Elis et Messénie se joignent à cette coalition anti-macédonienne, suivis par Sparte. La flotte romaine et celle de Pergame contrôlaient les mers, tandis que la Macédoine et ses alliés étaient bloqués sur terre par les autres membres de la coalition. La stratégie romaine consistant à semer la discorde entre les Grecs en Grèce même et à empêcher les Macédoniens de passer en Italie ou en Illyrie fonctionne. Lorsque Lavinus revint à Rome pour prendre son poste de consul, il put informer sans crainte le Sénat que la légion déployée contre Philippe était totalement sécurisée.

Toutefois, les autres composantes de la coalition anti-macédonienne restèrent dans un état de passivité pendant 210 av. J.-C., une période dont Philippe profita pour poursuivre ses raids. Après un intense travail de siège, Philippe prit Echinus, défendu par le stratège Dorimachus et la flotte romaine, maintenant commandée par Publius Sulpicius Galba Maximus. Se déplaçant vers l’ouest, Philippe a pris Phalara et la ville portuaire de Lamia. Galba Maximus s’empare d’Égine, une île du golfe Saronique, que les Aétoliens vendent au roi de Pergame pour trente talents, et qui sert de base principale d’opérations contre la Macédoine en mer Égée.

Au printemps 209 av. J.-C., Philippe reçoit des demandes d’aide de ses alliés de la Ligue achéenne du Péloponnèse, qui sont attaqués par Sparte et ses alliés de la Ligue aétolienne. Il reçoit également la nouvelle de la nomination d’Attalus Ier de Pergame comme l’un des chefs de la ligue étolienne et de la tentative de ce dernier de traverser la mer Égée pour se rendre en Asie mineure. Philippe a marché dans le sud de la Grèce. À Lamia, il affronte l’autre chef de la Ligue étolienne, le stratège Firrias, qui est soutenu par des troupes auxiliaires romaines et pergaméniennes. Philippe a vaincu son ennemi lors de deux batailles à Lamia (première bataille de Lamia et deuxième bataille de Lamia), et l’a forcé à se retirer à l’intérieur des murs (un endroit qu’ils ne voulaient pas quitter pour planter une bataille rangée) après avoir infligé de lourdes pertes aux troupes de Firrias.

Négociations de paix

Atalus I, roi de Pergame.

De Lamia, Philippe se rendit à Phalara. Il y rencontre les représentants des États neutres dans le conflit – l’Égypte, Athènes et Chios. Ces pays tentent de mettre fin à la guerre car celle-ci affecte gravement l’état du commerce, l’activité économique la plus importante de ces pays. Aux négociations vint le chef aetolien Amynador, avec qui Philippe négocia et signa une trêve de 30 jours.

De là, Philippe marcha pour bloquer le possible débarquement d’Attalus Ier, puis marcha pour conférer à nouveau avec les Aetoliens. La conférence fut interrompue par l’arrivée de la nouvelle qu’Attalus avait réussi à débarquer à Aegina et que la flotte romaine était à Naupactus. Les représentants aetoliens effrayés dirent à Philippe qu’il devait céder Pylos à la Messénie, l’Atinttania aux Romains et l’Ardiaei à Pleuratos et Scerdilaidas. Philippe quitta la conférence indigné, affirmant que « tandis qu’il cherchait vraiment la paix, les Aétoliens ne cherchaient qu’un prétexte pour intensifier la guerre. »

Les hostilités reprennentEdit

De Naupactus Sulpicius navigua vers l’est jusqu’à Corinthe et Sicyon et mena des raids rapides dans cette région. Philippe, avec sa cavalerie, a surpris les Romains et les a fait fuir vers leurs propres navires. Les Romains, avec Sulpicius à leur tête, se replient sur Naupactus.

Suite à cela, Philippe s’associe dans les environs de Dyme avec le général achéen Cyclades pour mener une attaque conjointe sur la ville d’Elis, base de la ligue aétolienne contre l’Achaïe. Cependant, Sulpicius avait navigué vers Cyllène et a pu renforcer la ville avec 4000 légionnaires romains avant le siège. Philippe a mené la charge de la cavalerie contre l’ennemi mais il a été renversé de son cheval et, après une bataille féroce au cours de laquelle les Macédoniens ont été vaincus, il a réussi à s’échapper. Après cette défaite, Philippe s’empara de la citadelle de Phyricus, faisant 4 000 prisonniers et 20 000 animaux. Lorsque la nouvelle lui parvint de nouveaux raids en Illyrie, Philippe abandonna l’Aétolie et retourna à Démétrias en Thessalie.

En attendant, Sulpicius avait remonté la mer Égée et rejoint son allié Attalus Ier de Pergame à Égine pour l’hiver. En 208 avant Jésus-Christ, Attale et Sulpicius combinent leur flotte de 25 navires de Rome et 35 de Pergame et tentent sans succès de prendre Lemnos, mais parviennent à occuper l’île voisine de Parapetos (Skolas), qui était en possession des Macédoniens.

Après leur succès, Attale et Sulpicius se réunissent à Héraclée de Trachynie avec le conseil des dirigeants de la Ligue étolienne qui comprend les États neutres d’Égypte et de Rhodes, qui continuent à essayer de mettre fin au conflit. Lorsque Philippe entendit la nouvelle de la conférence, il marcha rapidement vers le sud où il tenta de capturer les chefs ennemis, mais arriva trop tard.

Encerclé par ses ennemis, Philippe fut contraint d’adopter une nouvelle politique défensive. Il répartit ses commandants et chefs militaires sur l’ensemble du territoire macédonien et met en place un système de feux de camp dans les villes importantes pour signaler les mouvements de l’ennemi.

Après avoir abandonné Héraclée de Trachynie, Attale et Sulspicius mettent à sac Oreos dans le nord de l’Eubée et Opunte, la principale ville de l’est de l’Opuntie locrienne. Les richesses d’Oreos étaient réservées à Sulpicius tandis que celles d’Opunte allaient à Attalus. Cependant, les forces étant divisées alors que Sulpicius était parti pour commencer la confiscation des biens de sa ville, Philippe, alerté par le système de signaux de feu, attaqua et prit Opunte. Attalus a été pris par surprise et a manqué de peu de s’échapper.

Attalus.

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