Podemos propose d’abaisser l’âge du vote à 16

Podemos demande que les jeunes de 16 et 17 ans aient le droit de vote. Le programme électoral du parti propose d’abaisser l’âge du droit de vote, actuellement de 18 ans, car « les jeunes veulent un pays meilleur et devraient pouvoir participer ». Dans l’UE, seules l’Autriche et la Grèce reconnaissent ce droit aux mineurs. Parallèlement à cette mesure, Podemos défend la tenue d’un référendum contraignant pour révoquer le président du gouvernement lorsque les citoyens considèrent qu' »il a tourné le dos ».

La formation dirigée par Pablo Iglesias a déjà préparé le programme des élections générales. Le texte, divulgué ce vendredi, sera soumis au vote des militants durant le week-end et sera présenté publiquement lundi prochain. Il s’agit du premier programme électoral complet connu de l’un des principaux partis, bien que le PSOE ait déjà avancé fin mars les 110 principales mesures du sien. Le document de Podemos met l’accent sur les politiques vertes (transition écologique) et violettes (féministes), avec une section intitulée « garanties démocratiques » qui comprend les principales nouveautés.

Dans ce chapitre, le parti inclut une mesure qui a déjà été soumise au vote du Congrès – sans succès – en 2016 : l’extension du droit de vote aux jeunes de 16 et 17 ans. Ensuite, le rejet du PP, de Ciudadanos et du PNV a empêché l’approbation d’un texte promu par ERC et soutenu par Unidos Podemos et le PSOE.

« Face au discours conservateur qui dit que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, ces mois-ci nous avons vu les rues pleines de jeunes qui défendent le féminisme sur le 8-M et la lutte contre le changement climatique », explique le programme électoral. Podemos a grandi en grande partie grâce à l’impulsion des jeunes et est convaincu que la mobilisation de ce groupe peut leur être bénéfique. Lors des dernières élections générales, qui se sont tenues en juin 2016, la marque Unidos Podemos a été l’option la plus choisie par les jeunes électeurs (19 % des électeurs âgés de 18 à 24 ans et 21 % de ceux âgés de 25 à 34 ans, selon les données du Centre de recherche sociologique).

Travail et conduite

Pour soutenir cette initiative, le parti fait valoir qu’à partir de 16 ans, les jeunes « sont reconnus comme ayant la capacité d’exercer des activités telles que travailler, s’émanciper ou conduire, il n’est donc pas justifié de restreindre leur vote ». Conduire, cependant, n’inclut pas les voitures.

Dans l’Union européenne, seule une minorité de pays reconnaît ce droit. Outre l’Autriche (16 ans pour les élections générales) et la Grèce (17 ans), l’Estonie et Malte autorisent les jeunes de 16 ans et plus à voter, mais uniquement aux élections locales, selon l’Agence des droits fondamentaux de l’UE. Il en va de même dans certains États allemands et en Écosse (Royaume-Uni). En Belgique, ce droit existe pour les consultations publiques.

En Amérique latine, une région qui a inspiré une partie de l’idéologie politique de Podemos, il existe également une telle référence. L’Argentine, le Brésil, le Nicaragua ou l’Équateur sont les principaux États où l’on peut voter avant 18 ans.

A côté de la défense du vote anticipé, Podemos préconise de donner la parole aux citoyens pour juger le gouvernement sur sa gestion. Lorsque 15 % des électeurs « comprendront que le gouvernement leur a tourné le dos », le parti propose de lancer un « processus de révocation » dont la dernière phase sera un référendum au cours duquel les citoyens décideront si le président « doit démissionner et convoquer de nouvelles élections ». Il s’agirait d’une consultation contraignante. Le parti ne précise pas comment ce processus serait de déterminer que l’exécutif a fraudé les citoyens ni qui l’activerait.

Le texte comprend une autre proposition de consultation, liée dans ce cas au conflit catalan. Tout à la fin du programme, le parti défend « un référendum convenu dans lequel Podemos défendra un nouvel ajustement de la Catalogne à l’Espagne ». Cette formulation permet d’exclure qu’il s’agisse d’un référendum d’autodétermination. L’ambiguïté que ce parti a longtemps entretenue sur la question catalane a fermé des portes dans certains secteurs de l’électorat.

En plus du programme électoral, Podemos prévoit de présenter un rapport économique détaillant l’impact chiffré de toutes les mesures. En ne le présentant pas conjointement, il est difficile d’évaluer a priori sa viabilité économique.

Bien que la coalition qui concourt aux élections soit United We can, chacun des partis qui la composent développe son programme. Izquierda Unida a avancé ce vendredi les principales mesures qui sont les leurs, parmi lesquelles la sortie de l’Espagne de l’OTAN (Podemos se limite à réclamer que la défense européenne remplace de plus en plus le cadre de l’Alliance atlantique).

Féminisme. Le parti propose de modifier la constitution pour définir les soins comme un droit fondamental. En outre, un plan sera élaboré contre la violence masculine, doté de 600 millions d’euros par an. L’éducation de zéro à trois ans bénéficiera d’une couverture universelle et gratuite, ce qui permettra de créer 100 000 emplois directs.

L’économie verte. Les mines de charbon seront fermées et la gestion publique des centrales hydroélectriques sera proposée à l’expiration de la concession privée. La voiture électrique représentera 25 % du parc automobile en 2025.

Le logement. Le programme prévoit d’intervenir sur le marché locatif pour empêcher les hausses abusives et d’augmenter de 50 000 le nombre d’appartements par an, tout au long de la législature, pour les logements sociaux. Les expulsions sans relogement sont interdites.

Loyers et taxes. Le salaire minimum interprofessionnel, qui est actuellement de 900 euros par mois, passera à 1 200 euros et un revenu minimum de 600 euros sera accordé aux personnes en difficulté. Le parti propose une taxe sur les banques et une autre sur les transactions financières

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