Maurice de Saxe (1696-1750)

Maurice de Saxe est né le 28 octobre 1696 dans la ville de Goslar (Basse-Saxe). Il était le fils illégitime de Frédéric Auguste Ier de Saxe et de la comtesse Maria Aurora von Königsmarck. À l’âge de 12 ans, il rejoint l’armée saxonne, prenant part à la guerre de Succession d’Espagne au siège de Lille en 1708, ainsi qu’au siège de Tournai et à la bataille de Malplaquet en 1709.

Il retourne à Dresde en 1711, étant fait comte de Saxe.

Entre 1711 et 1712, il combat avec l’armée saxonne en Poméranie contre les Suédois lors de la Grande Guerre du Nord avec le grade de colonel de cavalerie. Il participe à la prise de Tönning, à la prise de Stralsund et à la bataille de Gadebusch.

Fréderick Augustus Ier de Saxe. Œuvre de Hyacinthe Rigaud.

Il quitte le service actif en 1713 et épouse la comtesse de Lobin, une riche héritière.

Il rejoint l’armée impériale en 1717 et participe à la guerre austro-turque (1716-1718) sous les ordres d’Eugène de Savoie, combattant à la bataille de Petrovaradin, ainsi qu’au siège et à la bataille de Belgrade (29 juin-18 août 1717).

En 1720, il se rend à Paris sous le patronage d’Elisabeth du Rhin, veuve du duc d’Orléans.

Le 9 août 1720, il entre dans l’armée française avec le grade de maréchal. Jusqu’en 1732, sa carrière est freinée par ses origines allemandes et sa foi luthérienne.

Guerre de succession de PologneEdit

En 1733 commence la guerre de succession de Pologne produite par la succession de son père au trône de Pologne. Il y combattra dans l’armée française contre les intérêts de son demi-frère Frédéric Auguste II de Saxe et contre son mentor Eugène de Savoie.

Il se distingue au siège de Kehl sous les ordres de James Fitz-James, 1er duc de Berwick.

La bataille de Belgrade. Œuvre de Jan van Huchtenburg.

Maurice a participé à la bataille d’Ettlingen sous les ordres d’Adrien Maurice de Noailles. Maurice de Saxe dirige quinze compagnies de grenadiers lors d’une attaque nocturne le 3 mai 1734 qui balaie toute opposition, mais la prudence avec laquelle Noailles agit empêche tout gain supplémentaire.

Il prend part au siège de Philippsburg (7 juin-17 juillet 1734). Il dirige l’assaut du 14 juillet et les forces de couverture françaises qui empêchent Eugène de Savoie d’amener des renforts dans la ville.

Durant la campagne de 1735, il patrouille sur le Rhin depuis Mannheim.

Pour ces mérites, il est promu lieutenant-général en 1736.

Guerre de succession d’AutricheEdit

Après une nouvelle période sans histoire, en 1741, la France déclare la guerre à l’Autriche en alliance avec Charles Albert de Bavière, la Prusse et l’Espagne. Les Français tentent de marcher sur Vienne, Maurice de Saxe conduit l’avant-garde, mais les troupes françaises sont repoussées à Sankt Pölten à seulement 50 km de la capitale autrichienne.

Intervient dans l’invasion de la Bohême et se distingue dans la conquête de Prague (19 novembre 1741). Au printemps suivant, il prend la forteresse d’Eger après un bref siège (7-20 avril 1742).

La Prusse signe avec l’Autriche une paix séparée de la France (traité de Breslau) en 1742, ce qui fait que les troupes françaises se retrouvent en grande difficulté. Le 16 juin 1743, les forces françaises sont battues à la bataille de Dettingen par l’autoproclamée « armée pragmatique » (anglo-hanovrienne).

Le nouveau ministre français de la Guerre, René-Louis de Voyer, marquis d’Argenson, apprécie les qualités de Maurice de Saxe et lui accorde le commandement des troupes stationnées à Spire. Avec ces troupes, Maurice de Saxe bloquera le passage de Charles Alexandre de Lorraine qui a l’intention de traverser le Rhin à Breisach. Le 13 janvier 1744, Maurice de Saxe se rend à Dunkerque pour préparer l’invasion de la Grande-Bretagne par un contingent de 10 000 hommes qui doit précéder l’arrivée sur l’île du prince Charles Édouard Stuart, mais la tentative d’invasion est interrompue lorsqu’une tempête détruit une grande partie de la flotte française prête pour l’invasion (avril 1744).

La bataille de Fontenoy. Œuvre de Van Blaerenberghe.

Le 26 mars, Maurice de Saxe est promu maréchal de France et reçoit le commandement de l’armée des Flandres. Maurice de Saxe sait que la région la plus vulnérable du Saint Empire romain germanique est les Pays-Bas autrichiens. Les mouvements de l’armée française sous le commandement de Maurice de Saxe facilitent la prise de Menin et d’Ypres par Adrien Maurice de Noailles, menaçant Nieuport et Ostende. Le commandant de l’armée anglo-néerlandaise, George Wade, doit rechercher la protection offerte par la traversée de l’Escaut pour éviter d’être débordé et se replier sur Anvers.

Le début de la deuxième guerre de Silésie (retour de la Prusse dans la guerre en faveur de la France) modifie l’équilibre des forces, obligeant les troupes impériales à se replier en Bohême.

Campagne de 1745Edit

La santé de Maurice de Saxe se détériore durant l’hiver 1744-1745, souffrant d’une hydropisie provoquée par une insuffisance cardiaque congestive. De ce fait, il doit mener la campagne de 1745 depuis un char. Maurice de Saxe assiège Tournai. Guillaume Auguste de Cumberland, général de l’armée anglo-hollandaise, se rend à Tournai pour lever le siège, mais sa marche est lente et il donne à Maurice de Saxe deux semaines pour préparer la bataille. L’affrontement a lieu le 11 mai : le duc de Cumberland lance une attaque frontale qui menace de diviser l’armée française, qui est poussée vers l’Escaut. Cependant, l’infanterie se retrouve rapidement coincée entre l’infanterie française et les redoutes que Maurice avait préparées pour la bataille.

La bataille de Fontenoy se termine avec 7 000 pertes françaises et 10 000 pertes anglo-hollandaises. Maurice oblige Guillaume Auguste à battre en retraite mais ne parvient pas à remporter une victoire décisive. Après la victoire de Fontenoy, Maurice prend Tournai (22 mai), après quoi Gand (11 juillet), Bruges, Audenarde, Albert, Termonde, Nieuwpoort et Ostende tombent. Ath, au Hainaut, se rend le 8 octobre.

En quelques mois, Maurice de Saxe a réalisé ses objectifs stratégiques en conquérant les principaux ports de la Manche et en éloignant les forces britanniques de la frontière française.

La bataille de Rocoux.

Campagne de 1746Edit

Maurice de Saxe passe l’hiver 1745-1746 à Gand. Il profite du fait que l’attention des Britanniques est focalisée sur le soulèvement jacobite et l’avancée de Charles-Édouard Stuart vers Derby pour lancer une offensive avec 22 000 hommes qui assiège Bruxelles (qui tombe le 20 février), Halle, Louvain, Malines et Vilvorde.

Après avoir reçu des renforts, Maurice de Saxe prend Anvers (30 mai) et Mons (juillet). Anticipant son prochain mouvement, les généraux alliés (l’Anglais John Ligonier, le Hollandais Karl August Friedrich, prince de Waldeck et l’Autrichien Charles Alexander de Lorraine) se déplacent avec une grande armée vers Namur. La position de l’armée alliée étant forte, Maurice de Saxe entreprend d’attaquer ses lignes de communication et de ravitaillement, occupant Huy (29 août) par surprise. L’armée alliée doit bouger si elle ne veut pas voir ses communications complètement coupées, et Namur tombe aux mains des Français après un court siège (6-19 septembre).

La prochaine cible de Maurice de Saxe est Liège. Charles Alexandre de Lorraine tente de l’en empêcher mais est surpris par la marche de flanc ordonnée par Maurice de Saxe. À la bataille de Rocoux, Maurice ordonne une attaque frontale contre les troupes britanniques stationnées à Lier, Varoux et Rocoux, qui sert de diversion pour l’attaque de flanc des forces néerlandaises positionnées sur l’aile droite des Alliés.

Avec la victoire de la bataille de Rocoux (11 octobre 1746), Maurice de Saxe réussit à s’emparer de la totalité des Pays-Bas autrichiens en seulement deux campagnes.

Campagne de 1747Edit

En janvier 1747, Maurice de Saxe est nommé maréchal général de France. Maurice compte pour la campagne de 1747 avec 136.000 soldats. Il envoie deux détachements, sous les ordres de Louis Georges Érasme de Contades et Ulrich Friedrich Waldemar von Löwendahl, en Zélande pour menacer les communications avec le Royaume-Uni. En peu de temps, les troupes françaises prennent Liefkenshoek, Sas van Gent, Ijzendijke, Eeklo, Hulst et Axel. Ces conquêtes convainquent Guillaume Auguste de Cumberland de la nécessité d’engager Maurice de Saxe dans une bataille rangée.

Le 30 juin, les deux armées sont engagées à deux miles de Maastricht. À la bataille de Laufeldt (2 juillet), Maurice de Saxe attaque l’armée alliée au centre et sur le flanc droit dans le but de la séparer de Maastricht. La bataille est âprement disputée et les positions alliées sont prises et perdues à trois reprises. Les troupes françaises parviennent finalement à conquérir le village de Laufeldt (qui se trouvait dans le centre allié). Cependant, l’armée alliée ne renonce pas et tente de la reprendre avec la cavalerie hollandaise, en étant repoussée par la cavalerie française de Louis Charles César Le Tellier.

Bien que Maurice de Saxe soit victorieux à la bataille de Laufeldt, il s’agit d’une victoire tactique. Les pertes françaises (14 000 tués et blessés) sont supérieures aux pertes alliées (6 000 tués et blessés), mais il parvient à déloger l’armée alliée et à prendre Maastricht après un long siège (il se rendra le 10 mai 1748). Le 16 septembre, il occupe Bergen op Zoom.

Tombeau de Maurice de Saxe. Œuvre de Jean-Baptiste Pigalle.

Mise au point sur le décès

La guerre de Succession d’Autriche se termine par la signature du traité d’Aix-la-Chapelle le 18 octobre 1748, auquel il s’oppose car il rend toutes ses conquêtes au Saint-Empire romain germanique.Maurice de Saxe se retire au château de Chambord, sur la Loire, où il mène une vie réputée coureur de jupons.

Il meurt le 30 novembre 1750, atteint d’une maladie inconnue, même si l’on pense qu’il s’agit d’une apoplexie (selon le certificat médical de son décès, la cause de la mort est « excès de femmes »). Il fut enterré dans la ville de Strasbourg, sa tombe est un chef d’œuvre du style baroque.

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