Martin Luther King, Jr, Malcolm X, et la lutte pour les droits civiques des… (2004)

La simplification est nécessaire en matière d’histoire. Sans elle, nos volumes d’informations seraient si écrasants que peu de gens auraient le courage de s’y plonger. Elle permet également aux gens de comprendre facilement un ensemble très complexe d’interrelations et d’interactions. Les oppositions polaires, bien qu’elles ne soient peut-être pas aussi polaires qu’elles le semblent, permettent aux gens de catégoriser les informations et de s’en souvenir facilement. C’est un mal nécessaire. Dans les cours d’histoire, on nous enseigne deux séries de simplifications polaires opposées : Martin Luther King Jr. était le prédicateur pacifique qui prônait l’intégration et Malcolm X était le partisan effrayant et violent de l’action contre les Blancs. Ce sont des simplifications. De plus, ce sont des définitions qui n’ont pas le bon train de compréhension à leur base. Autrement dit, nous donnons la fin sans discuter des moyens. Les pourquoi et les comment sont absents, ce qui rend un très mauvais service à l’héritage de ces deux hommes influents. Les raisons d’acheter, de lire et d’aimer ce livre sont nombreuses. Tout d’abord, il dissipe la simplification excessive en quelques courts chapitres seulement. Il fait ce qu’une longue biographie et des années de discussion n’ont pas réussi à inculquer à l’esprit moderne. En regardant Martin Luther King Jr. et Malcolm X, on ne voit pas l’intégration contre la séparation, la résistance pacifique contre « tous les moyens nécessaires », ou l’amour contre la haine. L’une des grandes choses que fait ce livre est de montrer qu’en plus de leurs nombreuses différences, ces hommes avaient aussi beaucoup de similitudes. En fait, ils ont même commencé à modifier leurs points de vue à un moment donné pour se retrouver au milieu, bien que quelques principes fondamentaux n’aient jamais vacillé. L’ouvrage présente également une brève introduction, mais laisse la majeure partie du livre aux documents primaires qui mettent les mots sur les détails. En fin de compte, le plus important n’est pas d’être d’accord avec tout ce qui est dit, mais de le comprendre. Il est facile, par exemple, de se sentir effrayé par Malcolm X et ses opinions. Mais sans contexte et sans une bonne compréhension de son histoire et de sa personne, c’est faire des suppositions à son sujet sans justification. On ne peut prendre des décisions qu’en étant informé. Il en va de même pour Martin Luther King Jr. et l’idée qu’il était un pacifique, un coureur de jupons. Bien qu’ils puissent entrer dans le moule standard, la vérité est plus complexe et infiniment plus intéressante. Si vous vous intéressez un tant soit peu aux droits civils ou aux années 1960, je pense que ce livre est essentiel. Non seulement il fait la chronique de deux hommes importants et influents, mais il donne une bonne image des idées, des troubles et des influences de cette époque très dynamique et pleine de problèmes. ( )

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