Malines

Origines du manoir de MalinesEdit

Les premières traces de peuplement humain remontent à 500 av. J.-C. dans la zone où se trouvent aujourd’hui le Zandpoortvest et la Douaneplein, et il existe des traces de l’existence d’un établissement galico-romain dans la zone de l’actuel Korenmarkt. La première trace écrite de la ville date de 870, lorsque Malines apparaît dans l’inventaire des terres appartenant au royaume franc oriental.

La christianisation de Malines est réalisée au VIIe ou VIIIe siècle par saint Rumoldo, un moine venu d’Irlande et martyrisé à Malines, en l’honneur duquel une abbaye est construite, probablement sur le même site où sera érigée plus tard la cathédrale Saint-Rumoldo, également en son honneur. Les murs de la cathédrale décrivent sa vie légendaire et ses miracles par une série d’images.

On ne sait pas avec certitude à quelle époque le manoir de Malines a été créé, mais on sait qu’à la fin du Xe siècle, il appartenait aux princes-évêques de Liège. Après la formation du duché de Brabant, Malines est restée une enclave de Liège ; les affrontements entre Liège et Brabant ont entraîné l’octroi d’un grand nombre de privilèges qui ont contribué à la prospérité de la ville. En 1333, Malines est vendue au comte Louis Ier de Flandre, le manoir de Malines étant depuis lors lié aux titres du comte de Flandre.

Période bourguignonne

La petite-fille de Louis Ier, Marguerite III de Flandre, épouse Philippe de Valois, duc de Bourgogne et lorsque son petit-fils, Philippe le Bon, finit par unifier les territoires en ce qui sera connu sous le nom des Dix-sept Provinces, Malines fait partie du duché de Bourgogne.

Le fils de Philippe le Bon, Charles le Téméraire, décide de gérer le territoire de manière moderne et centralisée. En raison de sa situation centrale et de sa tradition d’autonomie judiciaire, il choisit Malines pour fonder la Chambre centrale des comptes et le Parlement de Malines (Cour suprême) en 1473, deux importantes institutions de gouvernement qui seront fermées lorsque, après sa mort en 1477, sa fille Marie de Bourgogne lui succédera.

La veuve de Charles le Téméraire, Marguerite d’York, décide de s’installer à Malines, où elle établit une cour d’une grande activité culturelle et scientifique, favorise les relations avec l’Angleterre, soutient l’imprimerie naissante et prend en charge l’éducation de ses petits-enfants Philippe (le Bel) et Marguerite.

Les enfants de Philippe le Bel et Jeanne Ier de Castille resteront également à Malines lorsque, en 1504, Jeanne deviendra reine de Castille, confiant leur éducation à Marguerite d’Autriche, la sœur de Philippe.

En 1504, Philippe IV de Bourgogne (Philippe le Bel) réédifie la Cour suprême de Malines, faisant de Malines le siège de la cour de l’État bourguignon. L’apogée de la cour de Malines survient peu après, lorsque Marguerite d’Autriche est nommée gouverneur, d’abord du duché de Bourgogne, puis des Pays-Bas. En 1530, Marguerite d’Autriche meurt et l’empereur Charles Quint nomme Marie de Hongrie, sa sœur, au poste de gouverneur, qui déplace la cour à Bruxelles.

Règne des HabsbourgModification

En 1559, Malines devient un archevêché, rebaptisé plus tard archevêché de Malines-Bruxelles. A cette époque, les affrontements dus à la Réforme et à la Contre-Réforme provoquent le sac de la ville, d’abord en 1572 par les troupes espagnoles, puis par les troupes anglaises en 1580. Cela entraîne le déplacement d’un grand nombre de monastères et du Grand Béguinage à l’intérieur de l’enceinte fortifiée.

Le XVIIe siècle est une période de calme et de prospérité économique et culturelle. À la fin du siècle, un événement a donné un nouveau surnom aux habitants de la ville. Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1687, un voisin a donné l’alerte en disant qu’il y avait du feu au sommet de la tour de San Rumoldo. Les voisins, chargés de seaux, ont rapidement monté les escaliers pour découvrir que ce n’était rien de plus qu’un reflet rougeâtre de la lune. La légende locale ajoute que le maire, embarrassé, donna l’ordre de dissimuler l’affaire, mais l’anecdote se répandit et devint si populaire que les habitants de la ville se sont depuis fait connaître pour l’exploit singulier de tenter d’éteindre la lune, devenant ainsi connus sous le nom de maneblussers, que l’on pourrait traduire par « désaltérants de la lune ».

Après le traité d’Utrecht en 1713, Malines, ainsi que le reste des Pays-Bas méridionaux, passe sous la domination des Habsbourg autrichiens. Au cours de la seconde moitié du siècle, la ville subit un certain déclin causé par le manque de revenus provenant des droits de navigation sur la rivière Dijle, ce qui entraîne la création du canal Louvain-Dijle et par la suppression de certains ordres religieux par Joseph II, parmi lesquels les Jésuites, qui depuis le XVIe siècle avaient contribué au développement culturel de la ville.

Époque moderne

Entre 1794 et 1815 a lieu l’occupation française, mais aussi l’expansion des idées révolutionnaires, qui entraînent avec elles une série de réformes politiques et urbaines favorisant l’industrialisation de la ville. Parmi ces mesures figure l’abolition de la seigneurie de Malines, qui devient une ville comme les autres. Après la défaite de Napoléon, le sud des Pays-Bas ne revient plus aux Habsbourg, mais il y a une réunification des Pays-Bas sous Guillaume Ier, la ville prospère économiquement, bien que des tensions, principalement religieuses, provoquent la scission en 1830 du royaume de Belgique.

En 1835, est créée entre Bruxelles et Malines la première ligne de chemin de fer du continent européen. Pendant des années, Malines sera le point central du réseau ferroviaire belge et le siège de l’atelier central des chemins de fer, contribuant ainsi au développement industriel.

Pendant les guerres mondiales, la ville subit de nombreux dégâts. Par la suite, de nombreux monuments sont reconstruits, mais pas la tour de l’horloge de la cathédrale de Saint-Rumoldo, dont l’absence rappelle encore aux Malinois les blessures de la guerre.

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