Lisibilité : un facteur clé pour la compréhension d’un texte | Primary Care

Introduction

Cet article est le résultat d’une perception et d’un désir ; la perception que parfois le contenu d’un texte n’est pas suffisamment compris, et le désir d’améliorer cet aspect et, par conséquent, d’établir une communication efficace entre l’auteur et le lecteur d’un article.

J’essaierai d’exposer dans cette lignée que la lisibilité est un élément clé pour la compréhension d’un texte, et dans cet article, j’aborderai son application au texte scientifique.

La lisibilité est la facilité avec laquelle un texte peut être lu et compris. Dans un sens plus large, c’est la capacité d’un texte à être lu facilement et confortablement, et cette capacité se réfère aux éléments typographiques, à la présentation de l’écriture sur la page, mais aussi au style, à la clarté de l’exposition, à la manière d’écrire, à la langue.

La lisibilité dépend en grande partie du fait qu’un texte soit composé de phrases courtes, qu’il utilise des structures permettant au lecteur d’avancer dans le contenu du texte, que les mots clés soient correctement placés au bon endroit, que les phrases conservent l’ordre logique, entre autres questions. Tous ces aspects contribueront grandement à réaliser l’un des défis de ceux qui écrivent, qui est de transformer une pensée en langage écrit.

On distingue la lisibilité linguistique, qui traite des aspects verbaux, et la lisibilité typographique, qui fait référence à la perception visuelle du texte (disposition du texte sur la page, taille de la lettre, utilisation de l’italique, du gras, etc.).

La lisibilité linguistique

Pour rendre un article plus lisible, il faut tenir compte de plusieurs aspects : premièrement, que la structure la plus basique et la plus compréhensible d’une phrase prédomine, c’est-à-dire la structure sujet-verbe-complément. Cette structure favorise l’anticipation et le lecteur peut prévoir les éléments qui vont suivre. Nous le constatons dans le paragraphe suivant :  » Le comité d’éthique des soins de santé de référence pour les soins sociaux et de santé est un groupe consultatif interdisciplinaire, intégrant différentes idéologies morales. L’objectif de ce comité est d’aider les usagers, les professionnels de la santé et de la gestion du réseau de la santé et des services sociaux à prendre des décisions éthiques ».

Les phrases qui composent le paragraphe correspondent à la structure de base de la construction d’une phrase. Nous pouvons également affirmer que nous avons l’intuition que l’auteur du texte précisera quel est l’objectif de ce comité, car il l’a préalablement défini. C’est-à-dire, nous donne d’abord la définition et ensuite l’objectif, et non pas l’inverse.

Il est clair qu’il n’est pas nécessaire que toutes les phrases suivent strictement l’ordre logique de la structure, car sinon ce que nous obtiendrons est un rythme de lecture monotone qui peut ennuyer le lecteur. Mais il est important de garder à l’esprit l’ordre le plus rationnel, car il facilite la compréhension de l’article. Pour cette raison, la disposition interne de la phrase affecte directement la lisibilité d’un texte.

À ce stade, il convient de commenter que nous devons être prudents avec l’utilisation de phrases subordonnées, impersonnelles, de la voix passive et de phrases trop longues et trop nombreuses. Les phrases subordonnées rendent le texte trop long et rendent difficile la mémorisation du contenu, par exemple : « L’effort personnel et l’intérêt des professionnels qui ont participé à l’étude pour améliorer jour après jour la prise en charge des personnes souffrant de la douleur, ainsi que leur capacité de travail, ont rendu possible l’élaboration de ce document, qui, nous l’espérons, sera utile à tous ». Le paragraphe devient plus lisible s’il est formulé comme suit : « L’effort personnel, l’intérêt et la capacité de travail des professionnels qui ont participé à l’étude visant à améliorer la prise en charge quotidienne des personnes souffrant de douleurs ont rendu possible l’élaboration de ce document, avec l’intention qu’il puisse être utile à tous ».

Le fait que deux relatifs aient été supprimés, ainsi que le changement d’ordre du syntagme la capacité de travailler, apporte une plus grande lisibilité et agilité au paragraphe.

Les phrases impersonnelles ou la voix passive cachent le sujet réel des phrases et empêchent de distinguer clairement qui est le
responsable. Prenons l’exemple suivant : « Une enquête épidémiologique a été menée par des techniciens de la santé publique afin de déterminer le nombre de personnes touchées par l’épidémie d’intoxication alimentaire (…). A partir des unités de surveillance épidémiologique, un suivi quotidien des malades a été effectué ».

Avec cet abus du passif réfléchi, la compréhension du texte et l’identification du véritable sujet de l’action sont rendues difficiles. En revanche, en le transformant en actif, le sens des phrases est plus compréhensible, car le sujet est clairement identifié. Jetons un coup d’œil :  » Les techniciens de la santé publique ont réalisé une enquête épidémiologique pour déterminer le nombre de personnes touchées par l’épidémie d’intoxication alimentaire (…). Les unités de surveillance épidémiologique ont fait un suivi quotidien des patients », où l’on apprécie beaucoup mieux que les techniciens de santé publique et les unités de surveillance épidémiologique soient les sujets des actions des verbes dans les phrases respectives.

Par clause, on entend toutes les expressions ajoutées à la structure de la phrase, qui pourraient être éliminées sans que la phrase perde son autonomie syntaxique. Je fais référence aux clauses relatives, aux appositions, à certaines clauses subordonnées, aux clauses circonstancielles, etc. Les incises coupent le discours naturel de la phrase. C’est pourquoi ils doivent être utilisés avec parcimonie. C’est-à-dire qu’ils ne doivent pas être trop longs et qu’ils doivent être placés de manière à ne pas gêner la compréhension de la phrase. Par exemple, il ne faut pas séparer le sujet et le verbe d’une phrase par une clause car, si elle est trop longue, il est possible que le lecteur ait oublié le sujet en lisant le verbe, de sorte qu’il perdra le sens de la phrase et devra la relire. Examinez le paragraphe suivant : « Aborder le problème,
établir un plan d’action avec l’équipe et le patient comme un aspect du processus d’évaluation clinique, nous aidera à atteindre les objectifs ». La formulation de ce paragraphe serait meilleure de cette façon : « S’attaquer au problème nous aidera à atteindre les objectifs, à condition qu’un plan d’action soit établi conjointement avec l’équipe et le patient comme l’un des aspects du processus d’évaluation clinique. »

Le fait que la clause soit placée en dernière position de la phrase permet au lecteur de se concentrer sur les informations réellement pertinentes.

Par conséquent, un texte qui présente des phrases courtes, directes, à la voix active et sans complications syntaxiques aura plus de lisibilité qu’un texte qui présente des phrases longues et pleines d’incises.

D’autre part, nous devons garder à l’esprit que le début d’une phrase ou le début d’un paragraphe est la position la plus importante, car c’est celle que le lecteur voit et lit en premier, et c’est aussi celle dont on se souvient le mieux par la suite. C’est pourquoi il est essentiel que les informations pertinentes soient placées à cet endroit. Examinons le paragraphe suivant sur le tabagisme : « Le tabagisme reste le facteur de risque le plus important de perte de santé prématurée et évitable dans notre environnement, et l’un des principaux problèmes de santé publique évitables. Le tabagisme est un facteur de risque pour de nombreuses maladies, notamment les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires chroniques et le cancer. »

Les autres ressources linguistiques qui facilitent la lisibilité sont les marqueurs textuels, c’est-à-dire les conjonctions, les adverbes ou les locutions conjonctives, car ils indiquent la structure du texte, les liens entre les phrases, la fonction d’un fragment, entre autres aspects. Examinons le paragraphe suivant :

« L’analyse de la proposition doit être effectuée en tenant compte de différents facteurs. Tout d’abord, l’impact du programme sur la population doit être envisagé. Le coût de la mise en œuvre doit également être pris en compte. Enfin, il convient d’évaluer la possibilité que les objectifs initiaux ne soient pas atteints. Ainsi, le programme, même s’il semble intéressant, doit être analysé plus attentivement. »

Les marqueurs textuels de ce paragraphe sont : premièrement, également, finalement, ainsi, bien que. Comme on le voit, l’utilisation de ces ressources permet d’ordonner le texte et facilite une compréhension plus rapide.

D’autre part, depuis quelque temps, dans les écrits scientifiques, notamment dans le domaine de la médecine, on constate une utilisation excessive des acronymes. Cela peut faire perdre le fil du texte et, par conséquent, le lecteur doit souvent le relire. Examinons la phrase suivante : « Formation de tous les professionnels des RAD et des SSP aux techniques de motivation ». La phrase n’est pas trop longue et pourtant il y a deux acronymes. Le sens aurait été mieux compris si, dès le début, la phrase avait été : « Former tous les professionnels du réseau de toxicomanie (RDT) et des soins de santé primaires (SSP) aux techniques de motivation ».

Dans tous les cas, si les acronymes doivent réapparaître ultérieurement dans le texte, il est recommandé d’afficher leur signification au préalable ; mais il ne faut pas abuser des procédures d’abréviation.

Légibilité typographique

L’un des outils permettant d’obtenir la lisibilité typographique sont les différentes polices de caractères. L’un d’eux est l’italique. Sa principale fonction est de mettre en évidence un mot ou un ensemble de mots que vous souhaitez mettre en valeur dans le texte. Tout au long de cet article, nous avons pu observer l’utilisation de ce caractère, dont le but était précisément cette fonction. Il est également utilisé pour indiquer les sous-titres d’articles, de chapitres, etc. (dans ce cas, ils sont combinés avec des titres en gras). Il est également utilisé pour indiquer les titres de magazines et autres périodiques, ainsi que les noms ou titres d’œuvres d’art.

Un autre des outils qui rendent un texte intelligible sont les signes de ponctuation, qui composent dans la langue écrite les altérations du rythme et de l’intonation de la langue parlée et, par conséquent, aident le lecteur à mieux comprendre le texte que vous lisez. C’est pourquoi il est si important de savoir bien ponctuer, car l’utilisation incorrecte des signes de ponctuation peut amener le lecteur à comprendre une information différemment de la façon dont l’auteur l’a conçue et, par conséquent, écrite.

Je vais analyser trois signes de ponctuation très fréquents, qui ne sont pas toujours utilisés correctement. D’abord, la période. Le point coïncide avec la fin d’une clause ou, à tout le moins, d’une phrase et indique une pause importante dans le discours. Il existe trois types de points : le point-virgule, le point final et le point final. Le point-virgule est utilisé pour séparer des phrases qui n’ont pas de lien syntaxique clair, mais qui entretiennent une certaine relation thématique entre elles. Le point-virgule, quant à lui, sépare généralement des paragraphes qui expriment des idées différentes. Le point marque la fin d’un texte donné.

Deuxièmement, les deux points. Ils représentent une pause intermédiaire. Ils sont utilisés pour relier les compléments et les appositions en établissant des relations entre eux. Ils sont utilisés, par exemple, avant la conclusion ou l’explication des idées des clauses précédentes. C’est le cas du titre Une nouvelle étape : la ménopause.

Devant les conclusions, elles sont souvent interchangeables avec le point-virgule ; cela dépend de l’emphase que l’on recherche. En ce sens, nous pouvons dire qu’avec les deux points, nous voulons donner plus d’importance à la conclusion qui va suivre.

Troisièmement, le point-virgule, qui représente une pause plus longue que la virgule et plus courte que le point. Grâce à ce signe de ponctuation, on peut préciser le degré de relation qui existe entre les phrases.

Conclusion

Pour conclure, je voudrais souligner certains des aspects les plus importants que j’ai analysés tout au long de l’article pour obtenir une plus grande lisibilité. Il s’agit des éléments suivants :

1. Les phrases doivent être de préférence courtes et simples.

2. Il faut se passer des mots et des paragraphes qui n’apportent pas d’informations utiles et se concentrer sur ce qui est pertinent.

3. Les incisions doivent être placées à l’endroit le plus opportun. Par exemple, ils ne doivent pas séparer le sujet et le verbe d’une phrase.

4. Il est recommandé de placer les groupes de mots selon l’ordre neutre le plus courant : sujet, verbe et compléments.

5. Les informations pertinentes doivent être placées à l’endroit le plus important de la phrase : le début.

6. Il existe des structures syntaxiques peu claires, comme les constructions passives et les négations, et il faut veiller à ne pas en abuser.

7. Il faut réviser et retravailler les textes écrits, jusqu’à obtenir une écriture simple et claire.

Bibliographie générale

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