La Cour suprême américaine divisée sur le mariage homosexuel


29.04.2015

L’opinion publique est à cran alors que la Cour suprême américaine délibère sur la légalisation du mariage homosexuel. Les résultats seront connus en juin.

L’audience a été marquée par des protestations à l’intérieur et à l’extérieur du tribunal. Les résultats des délibérations ne seront pas connus avant le mois de juin et tiennent le public en haleine. Des prédicateurs, des militants brandissant des drapeaux arc-en-ciel et des travestis se sont rassemblés devant la Cour suprême dans le centre-ville de Washington aujourd’hui (28.04.2015) tandis qu’à l’intérieur neuf juges qui pourraient faire l’histoire débattaient de la question.

Les juges ont répondu aux questions des partisans de la légalisation et des défenseurs du pouvoir des États sur le gouvernement fédéral pour légiférer sur la question. « Toutes les définitions que j’ai vues, remontant à des dizaines d’années, définissent le mariage comme une union entre un homme et une femme. Évidemment, si vous réussissez, cette définition ne serait plus en vigueur », a déclaré le juge en chef John Roberts lors de l’audience, qui a duré environ deux heures et demie.

Avec ces mots, le magistrat a souligné l’importance sociale du mariage, que les détracteurs de la légalisation brandissent pour défendre les interdictions des États et ne pas reconnaître ces unions entre personnes de même sexe. « Il ne s’agit pas de changer la définition du mariage », a répondu Mary Bonauto, vétéran de la défense des droits des homosexuels, qui a fait valoir que les couples homosexuels ont le même droit que tout le monde de se marier, comme l’établit le quatorzième amendement de la Constitution, qui vise « l’égale protection de la loi » pour tous les citoyens.

Pour et contre

C’est précisément le slogan qui préside à la façade ouest de la plus haute instance judiciaire du pays, devant laquelle des groupes pour et contre le mariage gay se sont rassemblés toute la journée, avec d’immenses drapeaux arc-en-ciel, des bibles et des soutanes, mettant un visage sur la division qui réveille la question dans la société américaine. « L’homosexualité est une abomination ! », a crié un homme, âgé, qui s’est soudainement levé pendant l’audience et a commencé à protester, jusqu’à ce que plusieurs agents de sécurité le fassent sortir de la salle d’audience.

Cette interruption était « quelque peu rafraîchissante », a plaisanté le juge Antonin Scalia, considéré comme l’un des plus conservateurs de la Cour, qui a mis en doute sa capacité et celle des huit autres juges de la Cour suprême à trancher la question. Pour sa part, le juge Anthony Kennedy, dont le vote est considéré comme décisif pour un éventuel départage entre les neuf juges, a déclaré que l’union entre un homme et une femme est présente dans la société depuis des « millénaires » et qu’il est « très difficile » pour les juges de croire qu’ils peuvent redéfinir cette institution.

De l’autre côté, la juge Sonia Sotomayor, première hispanique de la Cour suprême, a déclaré lors de questions aux opposants au mariage homosexuel que la Cour ne porterait atteinte à la liberté de religion de personne si elle donnait raison aux plaignants. Personne, a soutenu Mme Sotomayor, ne retire quoi que ce soit à qui que ce soit. Chaque individu dans cette société choisit, s’il le peut, son orientation sexuelle et la personne qu’il épouse. » Il faudra attendre le mois de juin pour connaître la décision de la Cour suprême, qui pourrait légaliser le mariage gay à l’échelle nationale ou renvoyer l’affaire aux États, poursuivant ainsi l’éternel bras de fer entre les autorités étatiques et fédérales, qui, comme la lutte pour les droits des homosexuels, a des années d’histoire.

Mme (efe/rtrla)

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